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Que la Guadeloupe prenne son indépendance !
Publié le 24/02/2009 09:57 dans Guadeloupe - Ajouter un commentaire

Si la Corse veut son indépendance, quelle la prenne ! C'est le regretté Raymond Barre qui le disait, lors d'une revendication du sous continent. Paraphrasant Raymond Barre, on pourrait dire la même chose des territoires d'Outre-Mer : si la Guadeloupe veut son indépendance, qu'est-ce qu'elle attend pour la prendre ?

 

C'est quoi, être indépendant ? C'est l'acquisition de la souveraineté. C'est le pouvoir de décider de son avenir par soi-même. Ce qui est loin d'être le cas des Territoires d'Outre Mer. D'abord, on note une persistance mortelle des relations coloniales. A-t-on seulement pensé à Paris à nommer un Ministre originaire de ces territoires d'Outre-Mer comme Ministre de l'Outre-Mer ? Non. L'actuel Ministre, Yves Jego est dans la lignée de ces prédécesseurs : Blancs et venant de la Métropole. Une honte et un scandale permanents.

 

L'imposture des Ministres d'Outre Mer imposés par la Métropole

Depuis 1 mois bientôt, la Guadeloupe manifeste contre la vie chère et les salaires qui ne suivent plus. Accusés, les importateurs de fruits et légumes et d'autres produits alimentaires sur le sous continent et leurs marges léonines. Si on regarde de très près, combien parmi ces importateurs sont originaires de l'Ile? Combien sont des Guadeloupiens de souche et pas seulement de descendance colonialiste.

 

Le schéma de répartition des taches semble immuable : il y avait ceux qui travaillaient dans les plantations de canne à sucre et les propriétaires d'esclaves. Le schéma colonial était organisé en deux strates : l'indigénat à la base et au sommet, les Administrateurs et les Commerçants  (les véritables décideurs et tous affairistes). En version moderne : la classe « intermédiaire » des fonctionnaires, des élus et des indépendants peut faire illusion sur la permanence de cette structure sociale. Les Hauts Fonctionnaires, les Administrateurs et les exportateurs restent de la même obédience et de la même fibre colonialiste.

 

Que les Guadeloupiens arrêtent d'attendre tout de la Métropole et qu'ils prennent leur destin en main

Qu'est-ce qui empêche aux Guadeloupiens de devenir Importateurs et de casser le monopole dans ce domaine ? Qu'est-ce qui empêche de réorganiser une distribution parallèle et concurrente à la grande distribution locale ? Sur les 580 millions promis par le  Président Français à la Guadeloupe, 280 millions le sont au titre du RSA (Revenu de la Solidarité Active). Autant dire, à la consommation et non à l'investissement. On ne parle même pas de l'innovation nécessaire dans l'Ile pour réformer le système de la distribution des produits alimentaires et de première nécessité et pour le transfert de la décision aux Guadeloupiens.

 

Notre Etat centralisé, à vouloir tout régenter par la Haut, est entrain de tout casser en bas. Nous sommes en train de devenir un Etat communiste, si on ne l'a pas toujours été. Le traitement des territoires de l'Outre-Mer est un révelateur.

 

Ceci étant dit, l'indépendance - économique ou politique - n'a jamais été donnée à qui que ce soit. Elle se conquiert. Que les Guadeloupiens bougent dans ce sens et cessent de se plaindre. Certes, ils bougent par les grèves. Mais, les grèves sont des formes dépassées de revendication. Ce sont des formes de démonstration d'impuissance. Aujourd'hui, il faut passer par le savoir et la stratégie. Par ailleurs, il est naïf de croire qu'un homme d'affaires a jamais eu d'autres intérêts que de faire l'argent. L'altruisme ne fait pas partie de son agenda. Que les Guadeloupiens arrêtent d'attendre tout de la Métropole et qu'ils prennent leur destin en main. Ils répondront : « c'est ce qu'on fait ». La réalité contredit ce type de réponse.

 

Elise Mbock

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