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Logement social : Mme Boutin a raison.
Publié le 29/07/2008 15:38 dans logement - 3 commentaires - Ajouter un commentaire

 

Il y a un an, naissait un ènième plan Banlieues, annoncé en grande fanfare sur la place publique. Mme Boutin avait alors émis des réserves philosophiques sur ce plan. Elle avait raison.

 

 

Mais, toutes les péroraisons lui avait demandé, de remiser ses réserves. Depuis, le « très ambitieux » plan banlieues tarde à voir le jour. Plan très ambitieux et peut-être urgent mais au financement incertain : « les caisses de l'Etat sont vides », nous a-t-on dit. Le première tranche de financement par le réaménagement de la prime pour l'emploi sera bientôt testée, à la rentrée donc, lorsqu'on réactualisera les seuils de bénéfice de la prime. Quand le financement n'est pas à la hauteur de l'ambition, que reste-t-il de cette ambition ? Alors, on attend. En attendant, il n'est pas interdit d'avancer sur le social et sur le logement, portefeuille ministériel de Mme Boutin.

La mixité n'est pas une politique, ni même un moyen pour favoriser l'insertion des marginalisés, c'est le résultat escomptable d'une politique »

Au-delà de la formule en forme de slogan publicitaire ; « la maison à 15 euros », la philosophie du projet est tout à l'honneur du social : l'accès à la propriété doit être facilitée pour les classes inférieures. Là-dessus, levée de boucliers des associations, et du PS, exclusivement social. Ce double attellage qui bénéficie d'un a priori social historique, pour le PS, et sociétal pour les associations, a de quoi jeter du discrédit sur cette mesure. Certains parlent du détricotage de la loi SRU (Solidarité et Renouvellement Urbain). D'autres évoquent plus précisément le point de l'exonération des responsabilités pour les municipalités qui ne respectent pas le quota des 20 % du logement social sur leur parc, Neuilly en tête. On sait que le paiement des amendes permettait déjà de s'exonérer de cette obligation. La loi n'était donc pas dissuasive pour les communes riches qui préfèrent payer ses amendes. Les HLM, chers aux socialistes, procèdent de la même manière depuis très (trop) longtemps en hébergeant des familles aux revenus supérieurs à la barre d'accès au logement social qui leur reversent un supplément locatif. Pendant ce temps-là, les familles qui ont droit au logement social sont en liste d'attente et ne sont pas prioritaires. Là aussi, la loi n'était pas coexcitive. A priori, la SRU n'a pas fait d'étincelles sur le logement social. La maison Borloo à 100 000 euros est un échec : à financement sommaire, logement sommaire. On nous dit que la maison à 15 euros suppose un endettement sur 40 ans. Ce calcul reste à préciser, car tout dépend du coût de la maison. En enfermant le débat sur la mixité sociale et la solidarité, précisons quand même qu'il en va de la mixité sociale comme de l'égalité scolaire. Au pire, ce sont des dogmes, au mieux, des idéaux D'autre part, « la mixité n'est pas une politique, ni même un moyen pour favoriser l'insertion des marginalisés, c'est le résultat escomptable d'une politique » (Jacques Donzelot)

Ce n'est pas d'un plan Banlieue dont on a besoin, mais d'un plan d'équilibre social. La maison à 15 euros va dans ce sens.

Les pieds sur terre et les épaules en place pour porter la tête qui réfléchit, constatons l'opposition stérile que nous pratiquons entre le libéralisme et le socialisme. Le socialisme (le tout Etat) ne doit pas aller jusqu'à étouffer l'esprit d'initiative et la libre entreprise (ce qui est notre cas actuellement et qui explique, en partie, notre panne de croissance). « Libérer les énergies », disait Jack Lang. De la même manière, le libéralisme exclusif qui confine à l'individualisme exacerbé, ne doit pas déboucher sur le déséquilibre social. Ce qui est également notre cas actuellement où les « nouveaux rentiers » accaparent le Bien Public. Reconnaissons que ni le libéralisme (la Droite), ni le socialisme (la Gauche) ne nous ont épargné de l'individualisme et du sectarisme. La maison à 15 euros est un pas vers la coopération du libéralisme et du socialisme. En cela, elle est une bonne mesure.

Du Plan Banlieue à la maison à 15 euros, il y a un saut qualitatif. Le plan Banlieue prônait une intervention dans les territoires défavorisés avec les habitants de ces mêmes territoires. Chose qui avait déjà été tentée par la Politique de la Ville qui est un échec. L'intégration des plus modestes dans le mainstream (le courant dominant) doit être l'enjeu, l'horizon et l'objectif permanents. Il ne s'agit pas de fixer les plus modestes – aux forces limitées contextuellement - surplace mais de les inscrire dans la mobilité. C'est un mouvement à double sens qu'il faut viser, du Centre vers la Banlieue et inversément. Du centre vers la périphérie : les institutions d'excellence doivent recouvrir tout le territoire national, à l'instar de l'implantation future (2012) de la Cité des Sciences sociales à Aubervilliers. De la banlieue vers les centralités : faire travailler les jeunes des banlieues dans les sociétés situées au Centre et non pas leur demander de créer surplace des sociétés qui, de toutes façons, devront aller chercher des débouchés, des fournisseurs ou des clients dans le centre. Au bout du compte, il y aura peut-être la Discrimination Positive, autre promesse électorale. Ce n'est donc pas d'un plan Banlieue dont on avait besoin, mais d'un plan d'équilibre social. La maison à 15 euros va dans ce sens.

©Elise Mbock

 

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